La garantie loyers impayés permet au propriétaire bailleur de continuer à percevoir son loyer même lorsque le locataire cesse de payer : l’assureur avance les sommes dues, prend en charge le contentieux et indemnise souvent les dégradations. Pour un investisseur, c’est l’outil le plus efficace pour sécuriser un revenu locatif sans dépendre de la situation financière d’un seul ménage. Encore faut-il choisir le bon contrat, comprendre les conditions imposées au locataire et maîtriser les règles de cumul avec une caution. Ce guide détaille le fonctionnement, le coût, les conditions et les pièges de la GLI en 2026 pour faire le bon choix.
Mis à jour le 22 juin 2026

Qu’est-ce que la garantie loyers impayés ?
La garantie loyers impayés, ou GLI, est un contrat d’assurance souscrit par le propriétaire d’un logement mis en location. En cas de défaillance du locataire, l’assureur verse au bailleur les loyers et les charges impayés, dans la limite d’un plafond et d’une durée définis au contrat.
Cette protection ne se limite pas au seul versement des loyers. Elle repose sur trois piliers complémentaires :
- Le remboursement des loyers et charges restés impayés par le locataire ;
- La prise en charge des frais de contentieux : honoraires d’huissier, frais d’avocat et procédure d’expulsion ;
- L’indemnisation des dégradations locatives constatées au départ du locataire, au-delà du dépôt de garantie.
Comment fonctionne la garantie loyers impayés au quotidien ?
Le mécanisme est simple. Tant que le locataire règle son loyer, le contrat reste en veille et le propriétaire se contente de payer sa cotisation. Dès le premier incident de paiement, le bailleur doit déclarer l’impayé à son assureur, généralement dans un délai contractuel de un à deux mois après l’échéance non honorée.
Une fois le sinistre validé, l’assureur indemnise le propriétaire à hauteur des loyers dus, puis se charge lui-même de récupérer les sommes auprès du locataire défaillant. Le bailleur n’a donc pas à mener seul une longue procédure de recouvrement : il conserve son revenu et délègue le contentieux loyer à des professionnels. La plupart des contrats imposent toutefois de respecter scrupuleusement les étapes de relance, faute de quoi l’indemnisation peut être réduite, voire refusée.
Que couvre concrètement la GLI pour le propriétaire ?
Les niveaux de couverture varient d’un assureur à l’autre, mais la structure reste comparable. Le tableau suivant résume les garanties les plus courantes et leurs plafonds habituels en 2026.
| Garantie | Couverture habituelle |
| Loyers et charges impayés | Jusqu’à 70 000 à 90 000 € selon les contrats |
| Dégradations locatives | 2 000 à 10 000 € au-delà du dépôt de garantie |
| Frais de contentieux et d’expulsion | Huissier, avocat, frais de procédure |
| Protection juridique | Conseil et assistance en cas de litige |
Certains contrats ajoutent une garantie vacance locative, qui indemnise le propriétaire entre deux locations, ou une garantie détérioration immobilière renforcée. Ces options augmentent la cotisation mais peuvent s’avérer décisives pour un investissement locatif à fort enjeu.
Quelles conditions le locataire doit-il remplir ?
La contrepartie de cette sécurité est une sélection stricte du locataire. Pour qu’un dossier soit accepté, l’assureur exige un locataire solvable, dont les revenus offrent une marge confortable par rapport au loyer. En pratique, les critères les plus répandus sont les suivants :
- Des revenus nets représentant au moins 2,85 à 3 fois le montant du loyer charges comprises ;
- Un contrat de travail stable : CDI hors période d’essai, fonctionnaire titulaire ou retraité ;
- Un logement loué à titre de résidence principale ;
- Une situation professionnelle régulière, sans interruption récente de revenus.
Les travailleurs indépendants, intérimaires ou salariés en période d’essai ne sont pas exclus d’office, mais leur dossier est examiné de plus près, parfois avec des justificatifs supplémentaires. Tout comme un locataire vérifie son assurance habitation avant d’emménager, le bailleur a tout intérêt à contrôler la cohérence du dossier avant de signer le bail.
Quels documents fournir pour constituer le dossier ?
La constitution du dossier conditionne l’acceptation par l’assureur. Le propriétaire doit rassembler, pour chaque candidat locataire, un ensemble de pièces justificatives :
- Une pièce d’identité en cours de validité ;
- Le contrat de travail ou une attestation employeur pour les salariés ;
- Les trois derniers bulletins de salaire ;
- Le dernier avis d’imposition, notamment pour les retraités et indépendants ;
- Un extrait Kbis pour les dirigeants et commerçants.
Un dossier complet et cohérent accélère l’acceptation et limite le risque de refus d’indemnisation ultérieur. En cas de fausse déclaration sur la solvabilité du locataire, l’assureur peut en effet refuser de couvrir le sinistre.
Combien coûte une garantie loyers impayés en 2026 ?
Le coût de la GLI s’exprime en pourcentage du loyer charges comprises. En 2026, la cotisation se situe le plus souvent entre 2,5 % et 4 % du loyer encaissé, selon l’assureur et l’étendue des garanties. Pour un loyer de 800 € charges comprises, la dépense annuelle se présente ainsi :
| Taux appliqué | Coût mensuel | Coût annuel |
| 2,5 % | 20 € | 240 € |
| 3,5 % | 28 € | 336 € |
| 4 % | 32 € | 384 € |
Bonne nouvelle pour les bailleurs : la cotisation de GLI est déductible des revenus fonciers imposés au régime réel. Son coût réel est donc inférieur au montant facturé, ce qui renforce son intérêt face à une caution familiale gratuite mais plus risquée.

GLI privée ou garantie Visale : que choisir ?
La garantie Visale, proposée gratuitement par Action Logement, constitue la principale alternative à la GLI privée. Elle s’adresse en priorité aux jeunes de moins de 31 ans et aux salariés en mobilité. Depuis le 1er janvier 2026, une réforme limite toutefois sa couverture aux trois premières années du bail, période durant laquelle survient la majorité des impayés.
| Critère | GLI privée | Visale |
| Coût pour le bailleur | 2,5 à 4 % du loyer | Gratuit |
| Durée de couverture | Toute la durée du bail | 3 premières années (2026) |
| Profil du locataire | Tous profils solvables | Surtout jeunes et mobilité |
Pour en connaître les conditions exactes, le bailleur peut consulter la fiche officielle Service-Public.fr ainsi que les évolutions Visale 2026. Le choix dépend du profil du locataire et de l’horizon de l’investissement.
Peut-on cumuler la GLI avec une caution solidaire ?
C’est une règle souvent méconnue. En vertu de l’article 22-1 de la loi du 6 juillet 1989, un propriétaire qui a souscrit une assurance contre les impayés ne peut pas exiger en plus une caution solidaire, sauf si le locataire est étudiant ou apprenti. Le cumul caution et GLI est donc strictement encadré pour les baux classiques.
La logique est identique avec Visale : le bailleur ne peut pas additionner cette garantie publique avec une autre couverture portant sur le même risque et la même période, sous peine de nullité du dispositif. Avant de multiplier les sécurités, mieux vaut donc vérifier leur compatibilité auprès de l’ANIL.
Comment souscrire une garantie loyers impayés étape par étape ?
La souscription suit un parcours balisé, que le bien soit géré en direct ou par une agence :
- Sélectionner un locataire dont le dossier respecte les critères de solvabilité ;
- Comparer plusieurs contrats en examinant les plafonds, les délais de carence et les exclusions ;
- Transmettre les justificatifs du locataire à l’assureur pour validation ;
- Signer le bail et le contrat de GLI, puis régler la première cotisation ;
- Conserver toutes les preuves de relance en cas d’impayé futur.
Un propriétaire qui gère plusieurs biens peut aussi opter pour un contrat groupé, souvent moins coûteux qu’une souscription bien par bien.
Les pièges à éviter avant de signer
Plusieurs clauses méritent une lecture attentive. La première concerne le délai de carence : certains contrats n’indemnisent qu’après deux ou trois mois d’impayés. La deuxième porte sur le plafond de durée d’indemnisation, parfois limité à 24 ou 30 mois. Enfin, les exclusions liées à un dossier locataire incomplet sont la cause la plus fréquente de refus d’indemnisation.
Attention également à ne pas confondre la GLI avec l’assurance multirisque habitation du propriétaire non occupant. Lorsque vous gérez vos contrats, anticipez les démarches de résiliation, par exemple en consultant nos conseils pour résilier une assurance habitation dans les règles, y compris lorsque le contrat a été souscrit auprès d’un assureur bancaire.
Cas particuliers : colocation, bail meublé et locataire en place
La GLI s’adapte à plusieurs configurations. En colocation, l’assureur examine soit les revenus cumulés des colocataires, soit ceux de chacun selon la présence d’une clause de solidarité dans le bail. Pour un bail meublé, la garantie reste possible mais les conditions de revenus demeurent identiques à celles d’un logement vide.
Le cas du locataire déjà en place est plus délicat : la plupart des assureurs exigent que le locataire soit à jour de ses loyers depuis au moins six mois et qu’aucun incident ne soit survenu. Cette vérification protège l’assureur contre les souscriptions opportunistes en cours de litige.
Vidéo : pour aller plus loin
Pour visualiser concrètement le fonctionnement de la garantie loyers impayés et les raisons d’y souscrire, cette vidéo explicative résume l’essentiel pour le propriétaire bailleur.

FAQ : vos questions sur la garantie loyers impayés
La garantie loyers impayés est-elle obligatoire pour le propriétaire ?
Non, la GLI n’est pas obligatoire. Elle reste facultative et relève d’un choix de gestion du propriétaire bailleur. Elle est toutefois fortement recommandée pour sécuriser un revenu locatif, surtout en cas d’investissement financé par un crédit. Certaines banques la considèrent même comme un gage de sérieux lors de l’octroi d’un prêt immobilier.
Quel revenu le locataire doit-il justifier pour être accepté ?
La plupart des assureurs exigent des revenus nets équivalant à au moins 2,85 à 3 fois le montant du loyer charges comprises. Un locataire qui paie 700 € de loyer doit donc justifier environ 2 000 € de revenus mensuels. Un CDI hors période d’essai, un statut de fonctionnaire ou de retraité facilitent fortement l’acceptation du dossier.
Combien coûte une garantie loyers impayés ?
Le coût se situe généralement entre 2,5 % et 4 % du loyer charges comprises en 2026. Pour un loyer de 800 €, cela représente entre 20 et 32 € par mois. Cette cotisation est déductible des revenus fonciers au régime réel, ce qui réduit son coût effectif pour le bailleur.
Peut-on cumuler la GLI avec la caution Visale ?
Non. Le bailleur ne peut pas cumuler une GLI privée et la garantie Visale sur la même période, car elles couvrent le même risque. De même, la loi interdit de cumuler une assurance loyers impayés avec une caution solidaire, sauf pour un locataire étudiant ou apprenti.
Quel est le délai de carence avant indemnisation ?
Le délai varie selon les contrats. La déclaration de l’impayé doit en général intervenir un à deux mois après l’échéance non réglée. L’indemnisation est ensuite versée après validation du sinistre, parfois au terme d’un délai de carence pouvant atteindre deux à trois mois. Lire attentivement cette clause évite les mauvaises surprises.
La GLI couvre-t-elle les dégradations locatives ?
Oui, la plupart des contrats incluent une garantie dégradations locatives. Elle intervient au-delà du dépôt de garantie, avec un plafond compris entre 2 000 et 10 000 € selon les assureurs. Cette couverture s’active généralement lors de l’état des lieux de sortie, sur présentation de justificatifs des réparations nécessaires.
Conclusion
La garantie loyers impayés s’impose comme l’assurance de référence pour tout propriétaire bailleur soucieux de sécuriser son investissement locatif. Moyennant 2,5 à 4 % du loyer, elle transforme un risque majeur, l’impayé, en une dépense maîtrisée et déductible. La clé d’une protection efficace tient à trois réflexes : sélectionner un locataire solvable, comparer attentivement les plafonds et délais de carence, et respecter les règles de cumul avec la caution ou Visale. Bien choisie, la GLI offre au bailleur la tranquillité nécessaire pour louer en toute confiance.



