Le bonus malus auto détermine chaque année une grande partie du prix de votre assurance véhicule. Aussi appelé coefficient de réduction-majoration (CRM), ce mécanisme récompense les conducteurs prudents et pénalise ceux qui causent des accidents. Comprendre son calcul, ses plafonds et les leviers pour le faire baisser vous permet d’économiser plusieurs centaines d’euros par an. Que vous soyez jeune conducteur, automobiliste expérimenté ou en train de changer d’assureur, ce guide complet vous explique comment fonctionne le bonus-malus auto, comment lire votre coefficient et comment récupérer un bon bonus après un sinistre.
Mis à jour le 3 juin 2026

Qu’est-ce que le bonus-malus auto ?
Le bonus-malus auto est un coefficient appliqué chaque année à votre prime d’assurance selon votre historique de sinistres. Fixé à 1 au départ, il baisse de 5 % par année sans accident responsable (bonus) et augmente de 25 % à chaque accident responsable (malus). Encadré par le Code des assurances, il suit le conducteur et non le véhicule.
Quelques principes essentiels à retenir avant d’entrer dans le détail :
- Coefficient de départ : 1,00 pour tout nouveau conducteur.
- Bonus annuel : -5 % par année sans sinistre responsable.
- Malus : +25 % par accident responsable déclaré.
- Plafond bonus : 0,50 (50 % de réduction).
- Plafond malus : 3,50 (250 % de majoration).
Comment fonctionne le coefficient de réduction-majoration (CRM)
Le coefficient bonus-malus est un dispositif réglementaire attribué automatiquement à tout assuré conduisant un véhicule de plus de 80 cm³. Chaque année, à l’échéance de votre contrat, l’assureur multiplie votre prime de référence par ce coefficient pour obtenir le montant réel de votre cotisation. Plus le coefficient est bas, moins vous payez. Le mécanisme est identique chez tous les assureurs car il est fixé par l’État, comme le précise le portail officiel Service-Public.fr.
| Événement | Effet sur le coefficient |
| Année sans sinistre responsable | × 0,95 (bonus) |
| Un accident responsable | × 1,25 (malus) |
| Accident partiellement responsable | × 1,125 (malus de moitié) |
| Deux années consécutives sans sinistre | Retour à 1,00 |
Ce coefficient figure obligatoirement sur votre relevé d’information, document que votre assureur vous remet sur demande et lors de toute résiliation.
Comment se calcule le bonus chaque année
Le calcul du bonus est simple : à chaque échéance annuelle sans accident responsable, votre coefficient est multiplié par 0,95, le résultat étant arrondi par défaut à la deuxième décimale. Un conducteur qui débute à 1,00 passe ainsi à 0,95 la première année, puis 0,90, 0,85, et ainsi de suite. La réduction s’applique sur le coefficient de l’année précédente, pas sur le coefficient de départ.
Concrètement, il faut treize années de conduite sans sinistre responsable pour atteindre le bonus maximum de 0,50. Ce coefficient minimal correspond à une prime divisée par deux par rapport à la cotisation de référence.
Comment se calcule le malus après un accident responsable
À l’inverse, chaque accident responsable déclaré au cours de l’année majore votre coefficient de 25 %, soit une multiplication par 1,25. Si vous causez deux accidents dans l’année, le coefficient est multiplié deux fois (× 1,25 puis encore × 1,25), et ainsi de suite pour chaque sinistre supplémentaire. Un conducteur à 1,00 qui provoque un accident passe à 1,25 ; s’il en cause un second la même année, il grimpe à 1,56.
Seuls les accidents dont vous êtes responsable entraînent un malus. Un sinistre où votre responsabilité n’est pas engagée (vous êtes percuté à l’arrêt, par exemple) n’a aucun impact sur votre bonus-malus auto. Le vol, l’incendie ou le bris de glace ne sont pas non plus pénalisants.
Les plafonds : bonus maximum 0,50 et malus maximum 3,50
Le système est borné dans les deux sens. Le coefficient ne peut jamais descendre sous 0,50, ce qui représente la meilleure récompense possible : 50 % de réduction. À l’autre extrémité, il ne peut jamais dépasser 3,50, soit une prime multipliée par 3,5. Ces bornes sont fixées par l’annexe à l’article A121-1 du Code des assurances et s’imposent à toutes les compagnies.
Attention toutefois : un assureur reste libre de refuser ou de surtarifer un conducteur fortement malussé, indépendamment du plafond légal du coefficient.
Tableau de l’évolution du coefficient année par année
Voici comment évolue le coefficient d’un conducteur prudent qui ne déclare aucun sinistre, en partant de 1,00 :
| Année | Coefficient | Réduction |
| Départ | 1,00 | 0 % |
| Après 1 an | 0,95 | 5 % |
| Après 3 ans | 0,85 | 15 % |
| Après 5 ans | 0,76 | 24 % |
| Après 8 ans | 0,66 | 34 % |
| Après 13 ans | 0,50 | 50 % |
Ce rythme explique pourquoi un automobiliste fidèle et sans accident finit par payer une prime nettement plus basse qu’un conducteur récent au coefficient encore proche de 1,00.
Combien coûte vraiment un malus sur votre prime
Un malus pèse lourd sur le budget. Sur une prime de référence de 600 € par an, un seul accident responsable fait passer la cotisation à 750 € (× 1,25), soit 150 € de plus. Deux accidents la portent à environ 937 €. À l’inverse, un bonus à 0,50 ramène cette même prime à 300 €. L’écart entre le meilleur bonus et le pire malus peut donc atteindre un rapport de un à sept sur une même cotisation de base.
Pour limiter la casse après un sinistre, comparer les offres devient indispensable. Notre guide du comparateur d’assurance auto détaille la méthode pour retrouver une cotisation raisonnable malgré un coefficient dégradé.

Comment réduire et récupérer son bonus-malus
La meilleure stratégie pour faire baisser votre bonus-malus auto reste la régularité : chaque année sans sinistre responsable grignote 5 % de plus. Mais d’autres leviers existent pour accélérer la descente du coefficient ou éviter qu’il ne remonte.
- Ne déclarez pas les petits sinistres que vous pouvez assumer vous-même : un accrochage à 200 € déclaré peut coûter bien plus en majoration sur plusieurs années.
- Privilégiez la prudence après un malus : deux années consécutives sans accident responsable ramènent automatiquement le coefficient à 1,00, quel que soit le malus accumulé.
- Conservez votre relevé d’information pour faire valoir votre bonus auprès d’un nouvel assureur.
- Roulez peu mais régulièrement : une voiture remisée ne fait pas progresser le bonus, car celui-ci s’acquiert par période d’assurance effective.
La fameuse « descente rapide » du malus n’existe pas légalement : aucun assureur ne peut effacer un malus plus vite que le barème. Méfiez-vous des offres promettant une suppression immédiate du malus.
Les pièges à éviter avec le bonus-malus
Plusieurs erreurs courantes coûtent cher aux automobilistes. La première consiste à déclarer systématiquement tous les sinistres, même mineurs, ce qui déclenche un malus disproportionné. La deuxième est de croire que changer d’assureur efface le malus : le coefficient vous suit grâce au relevé d’information transmis entre compagnies.
Autre piège : prêter son véhicule. Si le conducteur occasionnel cause un accident responsable, c’est votre bonus-malus auto qui est pénalisé, puisque le coefficient est attaché au contrat. Enfin, résilier au mauvais moment peut vous faire perdre le bénéfice d’une année d’assurance presque achevée. Pour résilier sans erreur, consultez notre article sur la résiliation avec la loi Hamon ou la loi Chatel.
Cas particuliers : jeune conducteur, seconde chance et transfert
Le bonus-malus auto comporte plusieurs situations spécifiques qu’il faut connaître.
Le jeune conducteur démarre toujours à 1,00, sans malus lié à son inexpérience, mais il subit une surprime dédiée qui disparaît progressivement. Nos astuces pour les jeunes conducteurs expliquent comment alléger cette surprime en parallèle du bonus.
La clause de seconde chance : un conducteur bénéficiant du bonus à 0,50 depuis au moins trois ans conserve ce coefficient malgré un premier accident responsable. Cette protection se renouvelle au bout de trois années sans nouveau sinistre.
L’accident partiellement responsable : lorsque votre responsabilité n’est qu’en partie engagée, notamment dans un accident impliquant un piéton ou un cycliste, la majoration est réduite de moitié (× 1,125 au lieu de × 1,25).
Le transfert du coefficient : en changeant de véhicule ou d’assureur, vous emportez votre bonus comme votre malus. Le coefficient est rattaché au conducteur principal, pas à la voiture.

Vidéo : pour aller plus loin
Pour visualiser concrètement le calcul du bonus-malus auto et son impact sur votre prime, voici une explication claire en vidéo.
FAQ : vos questions fréquentes sur le bonus-malus auto
Comment est calculé le bonus-malus en assurance auto ?
Le bonus-malus part d’un coefficient de 1,00. Chaque année sans accident responsable, il est multiplié par 0,95 (bonus de 5 %). Chaque accident responsable le multiplie par 1,25 (malus de 25 %). Le résultat, arrondi à la deuxième décimale, s’applique sur votre prime de référence à chaque échéance annuelle du contrat.
Quel est le bonus-malus maximum ?
Le coefficient est encadré par deux plafonds légaux. Le meilleur bonus possible est 0,50, soit 50 % de réduction sur la prime de référence. Le pire malus est 3,50, soit une prime multipliée par 3,5. Aucun assureur ne peut dépasser ces bornes fixées par le Code des assurances.
Comment récupérer son bonus après un malus ?
Après deux années consécutives sans aucun sinistre responsable, votre coefficient est automatiquement remis à 1,00, même si votre malus était élevé. Ensuite, le bonus reprend sa progression normale de 5 % par an. La patience et une conduite prudente restent les seuls moyens légaux de retrouver un bon coefficient.
Le bonus-malus est-il transféré quand je change d’assureur ?
Oui. Votre coefficient vous suit grâce au relevé d’information que votre ancien assureur transmet. Changer de compagnie ou de véhicule ne remet jamais le compteur à zéro : vous conservez aussi bien votre bonus que votre éventuel malus, car le coefficient est attaché au conducteur.
Un accident non responsable affecte-t-il le bonus-malus ?
Non. Seuls les accidents dont vous êtes reconnu responsable majorent votre coefficient. Un sinistre où votre responsabilité n’est pas engagée, un vol, un incendie ou un bris de glace n’ont aucun impact sur votre bonus-malus auto. Votre bonus continue même de progresser normalement cette année-là.
Combien de temps pour atteindre le bonus à 50 % ?
Il faut treize années consécutives sans accident responsable pour atteindre le coefficient minimal de 0,50. À partir de ce niveau, le bonus ne peut plus baisser, mais vous bénéficiez de la clause de seconde chance après trois ans à 0,50, qui vous protège d’un premier accident responsable.
Un jeune conducteur a-t-il un malus de départ ?
Non, un jeune conducteur débute au coefficient neutre de 1,00, sans malus. En revanche, il supporte une surprime spécifique liée à son manque d’expérience, distincte du bonus-malus. Cette surprime diminue chaque année sans sinistre et disparaît généralement au bout de trois ans de conduite sans accident responsable.
Conclusion
Le bonus-malus auto récompense la prudence et sanctionne les accidents responsables selon une règle simple et identique chez tous les assureurs : -5 % par an de bonne conduite, +25 % par sinistre responsable, dans une fourchette de 0,50 à 3,50. Connaître ce mécanisme vous permet d’anticiper l’évolution de votre prime, d’éviter les déclarations inutiles et de profiter des dispositifs comme la seconde chance ou le retour à 1,00 après deux ans sans sinistre. Avec un bon coefficient en poche, comparer régulièrement les offres reste le meilleur moyen de payer votre assurance au juste prix.
